La jeune Parisienne de Coteau Rouge

Couverture d’ouvrage : La jeune Parisienne de Coteau Rouge

 

En 1947, Mireille Tardivel, une Parisienne de vingt ans, accompagne ses parents qui émigrent dans la région de Montréal. Avant de se lancer dans un emploi d’enseignante en France, elle veut réaliser un rêve d’enfance : chanter dans les cabarets.

Elle commence par chanter, accompagnée de son orgue de Barbarie, devant les églises dans le quartier de Coteau-Rouge qui fait partie de la toute nouvelle Ville Jacques-Cartier. C’est une ville ouvrière particulièrement pauvre, à une dizaine de kilomètres de Montréal, où il n’y a pas d’aqueduc et où les chemins sont encore très majoritairement en terre. L’anarchie règne dans cette ville-champignon où il n’y a que deux policiers.

L’auteur de Nègres blancs d’Amérique, Pierre Vallières, a habité Ville Jacques-Cartier. Coteau Rouge a inspiré au cinéaste André Forcier son film Coteau Rouge. Le médecin et auteur Jacques Ferron a écrit plusieurs historiettes dont l’action se passe sur ce territoire.

Le succès de Mireille est instantané, mais les curés lui mettent les bâtons dans les roues. Elle rencontre sur son chemin Alexandre Letellier, un beau jeune bourgeois de Longueuil très cultivé qui rêve d’aller étudier à Paris, une fois ses études en droit terminées. Le coup de foudre est mutuel.

Malgré les obstacles nombreux et presque insurmontables, atteindra-t-elle son double objectif de chanter dans les cabarets et de s’unir pour la vie à son talentueux jeune amant de Longueuil ? Mireille retournera-t-elle à Paris ?

Parution :
Maison d’édition : Michel Pratt éditeur
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Extrait :

En cette radieuse et caniculaire journée, la jeune Parisienne de vingt ans,
Mireille Tardivel, installa son orgue de Barbarie sur roulettes devant la petite église de bois de la récente paroisse Saint-Jean-Vianney alors que l’on
entendait, par les ouvertures des fenêtres du sous-sol, la récitation de la prière du Notre Père en latin. Seul le clocher laissait découvrir un temple, car de chaque côté de l’entrée figurait l’inscription du mot « École » et, au-dessus de la porte, celle du nom « Saint-Jean-Vianney ». On avait logé le lieu de culte au sous-sol. C’est à cet endroit de Coteau Rouge, sur la Rive-Sud de Montréal, que le père Hubert, un franciscain en fin de carrière, rompit le pain consacré quand les premières notes de musique se firent entendre.
— Pas encore ! maugréa le curé.
Le bedeau comprit ce qui l’attendait. Il saisit la perche et ferma toutes les fenêtres au grand désarroi des fidèles.

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La puissance de la voix de Mireille réussit néanmoins à percer les obstacles.
Le célébrant communia puis convoqua, d’un signe de la main, l’enfant de chœur.
— Allez demander à la chanteuse de cesser cette musique-là et dites-lui que j’insiste pour la rencontrer le plus rapidement possible à la fin de la messe, lui chuchota-t-il.
Le servant acquiesça d’un mouvement de la tête.
La messe tirait à sa fin. Lorsque le père Hubert se retourna pour commencer la distribution de la communion, une partie des fidèles se précipitait déjà vers la sortie.
À l’extérieur, une trentaine de paroissiens entouraient la jeune artiste en portant un regard rempli de curiosité sur l’instrument de musique.

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