Le parlement de la province du Canada, à Montréal, est incendié.
L’incendie du Parlement de Montréal, qui s’est produit le 25 avril 1849, demeure l’un des épisodes les plus dramatiques et les plus sombres de l’histoire politique du Canada. À cette époque, Montréal était la capitale de la province du Canada, et le gouvernement législatif s’installa au marché Sainte-Anne, un imposant bâtiment pour l’époque, bâti de 1832 à 1834. Celui-ci est alors situé à l’emplacement ouest de la place d’Youville dans le Vieux-Montréal, entre les rues McGill et Saint-Pierre.
Une pression sociale intense
Le feu qui s’est déclaré n’était pas le résultat d’un hasard : il était plutôt le produit d’une manœuvre politique. Le projet de loi sur la compensation des pertes subies durant la rébellion était à l’origine de la controverse. Le but de ce projet était de compenser les résidents du Bas-Canada pour les biens endommagés lors des soulèvements de 1837-1838.
Pour les anglophones conservateurs et le parti Tory, cette loi était inacceptable : elle était perçue comme une récompense accordée aux anciens rebelles français grâce aux fonds des loyalistes. Lorsque le gouverneur général, Lord Elgin, l’a officiellement approuvée le 25 avril, la colère a éclaté.
Les faits
Au terme d’une soirée marquée par la colère alimentée notamment par The Gazette, une foule d’individus révoltés s’est rassemblée sur la place du Champ-de-Mars. Ils se sont ensuite dirigés vers le parlement, où les événements ont rapidement dégénéré : des manifestants ont brisé les fenêtres à coups de pierres alors que les députés étaient encore en session ; des émeutiers ont pénétré dans le bâtiment et ont mis le feu aux conduites de gaz.
Les flammes se sont propagées avec une rapidité foudroyante. Au-delà des murs, un incendie a détruit les deux bibliothèques parlementaires, anéantissant plus de 25 000 livres rares et des archives historiques inestimables.
Montréal perd son statut de capitale politique
En raison de l’incapacité de la ville à assurer la sécurité des institutions parlementaires, Montréal a perdu son statut de capitale. Le gouvernement est ensuite devenu nomade, alternant entre Québec et Toronto, avant qu’Ottawa ne soit finalement choisie par la reine Victoria.
L’affirmation du gouvernement responsable
Le gouverneur général Lord Elgin a refusé de retirer la loi. Ce geste a renforcé le principe du gouvernement responsable soutenu par le Parti réformiste de La Fontaine et de Baldwin, qui stipule que le gouverneur ne devait pas s’opposer aux lois adoptées par les députés élus par le peuple.
