La grève de la United Aircraft
Une des plus prolongées et violentes grèves de l’histoire du Québec
analysée par l’historien québécois Michel Pratt.
La grève à l’usine United Aircraft de Longueuil (aujourd’hui Pratt & Whitney Canada) est l’un des conflits de travail les plus prolongés et les plus violents de l’histoire du Québec. Déclenchée le 9 janvier 1974, elle s’est étalée sur près de 20 mois, se terminant en septembre 1975.
Points clés de la grève :
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- Contexte : Environ 2 000 employés, membres de la section locale 510 des Travailleurs unis de l’automobile (TUA), ont déclenché la grève après l’échec des négociations débutées en août 1973.
- Revendications : Les travailleurs réclamaient principalement l’indexation de leurs salaires au coût de la vie et la reconnaissance syndicale, notamment l’application de la formule Rand (déduction automatique des cotisations syndicales), que la compagnie refusait catégoriquement.
- Violence et répression : La grève a été marquée par des affrontements violents, particulièrement en mai 1975, et l’embauche de briseurs de grève par l’entreprise, ce qui a exacerbé les tensions.
- Issue : Après 20 mois de lutte, les grévistes sont retournés au travail sans gains significatifs, mais le conflit a eu un impact majeur sur le droit du travail au Québec.
- Héritage législatif : Cette grève a directement mené le Parti québécois, une fois au pouvoir, à adopter des lois majeures en 1977, rendant obligatoire la formule Rand et interdisant le recours aux briseurs de grève (anti-scab).
Le conflit est souvent cité comme une période sombre du syndicalisme québécois, mais également comme un tournant crucial pour les droits des travailleurs.







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